Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

jeudi 22 septembre 2011

"Les plus grands gaspilleurs de la société"



Dans La richesse des nations (1776), Adam Smith écrivait, avec une pointe d’indignation qui ne lui était pas coutumière :

Les rois et les ministres font preuve de la plus haute impertinence et de la plus haute présomption lorsqu'ils prétendent diriger les affaires domestiques des particuliers et restreindre leurs dépenses, soit par des lois somptuaires, soit en prohibant l'importation de marchandises de luxe. Ils sont toujours eux-mêmes, et sans aucune exception, les plus grands gaspilleurs de la société. Qu'ils s'occupent bien de leurs propres dépenses et ils peuvent se reposer sur les particuliers pour bien s'occuper des leurs. Si leur propre extravagance ne ruine pas l'Etat, celle de leurs sujets ne le fera jamais.

Aujourd’hui, manifestement, rien n’a changé, à part les noms. Nous n’avons plus de rois ni de lois somptuaires, mais les pouvoirs publics prétendent toujours savoir mieux que les particuliers comment ils doivent dépenser leur argent. En fait, la prémisse tacite de presque toutes leurs actions et de la plupart de leurs discours semble être que seul l’argent dépensé par l’Etat peut être bien dépensé. Et pendant ce temps, nos gouvernements démocratiques sont, très exactement comme les souverains d’antan, « les plus grands gaspilleurs de la société ». Assis sur des montagnes de dettes, ils font les gros yeux aux banquiers imprudents, poussent des cris d’orfraie devant les salaires « excessifs » de certains patrons, morigènent et taxent les particuliers pour leur apprendre à bien consommer et à ne pas « gaspiller » les ressources.
Cette mauvaise comédie, qui n’a même pas pour elle le charme de la nouveauté, pourrait nous inciter au cynisme et au découragement, mais je préfère y trouver un motif d’optimisme : le mal est probablement sans remède - ou tout au moins destiné à réapparaitre régulièrement - mais, avec du courage et de la détermination, le patient y survivra. Comme il y a toujours survécu.



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