Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

jeudi 15 septembre 2011

TANTO NOMINI NULLUM PAR ELOGIUM




The new Oxford book of literary anecdotes est, comme son nom l’indique, une mine d’anecdotes sur le monde littéraire anglo-saxon, depuis le 14ème siècle jusqu’à nos jours (oui, je sais, j’ai des lectures bizarres. Et encore, si vous saviez tout...).
Beaucoup sont savoureuses, mais je crois bien que ma préférée reste encore celle-ci. Le sujet en est Frank Harris (1856-1931), un critique littéraire anglais qui eut son heure de gloire à l’orée du siècle dernier.
Au cours d’un diner mondain auquel assistait notre critique, la conversation se porta par hasard sur le sujet de l’homosexualité. Un silence gêné se fit immédiatement parmi les convives, car parler ouvertement du « crime contre nature » était encore considéré comme inconvenant à cette époque. Sans se troubler le moins du monde Harris continua à discourir, de sa puissante voix de basse que tout le monde pouvait désormais entendre. « L’homosexualité ? Non, je ne connais rien des joies de l’homosexualité. Sans aucun doute mon ami Oscar [Oscar Wilde] pourrais tout vous dire à ce sujet. »
Un silence encore plus profond descendit sur l’assemblée, pendant qu’Harris continuait, imperturbablement : « Mais je dois dire que si Shakespeare me demandait de m’y livrer avec lui, il me faudrait accepter. »

Riez si vous voulez (et c’est un peu le but) mais pensez-y : avez-vous jamais entendu expression plus frappante de l’admiration, que dis-je, de l’idolâtrie pour un auteur ?
Tout en plaisantant, je crois que dans le fond Harris était parfaitement sérieux. Et je le comprends très bien.
Shakespeare est réellement le plus grand.

4 commentaires:

  1. Quel beau grenier Aristide ! Et tout est bien rangé en plus. J'adore.

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  2. Merci Dixie. Ravi de voir que vous avez trouvé le chemin de mon grenier.
    Attention à la marche en descendant.

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  3. Je suis bien d'accord avec Dixie et avec Harris.

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  4. Oui, n'est-ce pas? Je crois bien que moi aussi, si Shakespeare me le demandait...

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