Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

vendredi 18 janvier 2013

Le moyen-âge en musique



J’aime la musique du moyen-âge. Je dis, la vraie musique du moyen-âge. Pas l’espèce de crin-crin synthétique que l’on entend trop souvent dans les séries télévisées ou les films censées se passer à cette période. Non, la musique de cette époque, telle qu’elle nous est parvenue, jouée par des musiciens professionnels et sur des instruments reconstituées. C’est la musique de mon enfance. Non, je ne suis pas si vieux que cela, bande de petits plaisantins. C’est la musique de mon enfance car mon père en écoutait beaucoup lorsque j’étais enfant et, voyant sans doute en moi un futur mélomane, m’avait même emmené à des concerts - ce qui, passé la première demi-heure, avait tout de même un peu barbé le petit garçon que j’étais.
Mon père avait tort, je ne suis pas devenu un mélomane, mais le goût de cette musique m’est resté.
Hélas, s’il m’en a transmis le goût, il ne m’en a pas transmis la connaissance. La faute bien sûr, si faute il y a, est entièrement la mienne. Je n’ai pas fait l’effort de compléter mon goût par des lectures qui auraient pu me donner au moins un peu de sa vaste érudition. Si donc je suis aujourd’hui fort capable de reconnaitre et d’apprécier la musique de cette époque (le moyen-âge étant fort large, disons à peu près 1150-1350. C’est un ordre d’idée), je ne suis pas capable d’en parler intelligemment.
Fort heureusement pour moi, et pour vous, la technique moderne vient à mon secours en me permettant de vous faire entendre ce que je ne saurais décrire ni analyser, faute des connaissances appropriées.
Pour vous faire partager mon maigre bagage en la matière, j’ai donc confectionné de mes petites mains trois vidéos, en fait il serait plus juste de dire trois enregistrement avec une image pour agrémenter.
La première n’est pas de la musique, mais un texte en vieux français de Guillaume de Machaut (1300-1377), sans doute l’un des musiciens les plus célèbres de la fin du moyen-âge. Juste pour le plaisir d’entendre cette langue, ancêtre de la nôtre.
La seconde est le kyrie de la Messe à Notre-Dame, du même Guillaume de Machaut.
Enfin la troisième est un morceau composé par Neidhart von Reuental (vers 1190 - 1240), l’un des plus fameux Minnesänger, qui étaient à peu près l’équivalent allemand de nos trouvères et autres troubadours. Le morceau s’intitule Mayenzeit one neidt. Pourquoi cette chanson ? Pour sa beauté bien sûr, mais aussi parce que son alacrité vient utilement contrebalancer une certaine tendance à se représenter les hommes et les femmes du moyen-âge comme différents de nous, et notamment, pour reprendre une expression de Pierre Manent, à les voir comme des saints et des saintes de vitrail. Les hommes et les femmes de cette époque étaient, à l’occasion, tout aussi paillards, ou bouffons ou sceptiques que nous pouvons l’être. Ils l’exprimaient simplement différemment.
Un dernier mot sur les illustrations. La première est une miniature du XIVe siècle représentant la Nature offrant à Guillaume de Machaut trois enfants : Sens, Rhétorique et Musique. La seconde est simplement la couverture du CD de la Messe à Notre Dame que j’ai utilisé (et que je vous recommande). La troisième est censée être un portrait de Neidhart von Reuental, qui se trouve dans le Codex Mannesse, le plus grand recueil du Minnesang que nous possédions .
Et maintenant, musique !
 


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4 commentaires:

  1. Dans les couloirs du métro, j'ai rencontré une dame chantant des airs médiévaux ce qui attira le réactionnaire que je suis. Elle jouait du psaltérion et faisait parti d'un ensemble médiéval amateur, elle m'expliqua que de jouer dans les couloirs du métro lui permettait se mettre du beurre dans les épinards, n'ayant pas de subventions pour vivre de sa passion.

    Elle avait un site mais il a disparu depuis.

    http://www.youtube.com/watch?v=T6hoOGv1z3A

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  2. J'ai eu l'occasion de présenter, dans une existence antérieure et lointaine et des pays aussi lointains que peu francophones, les récitals d'Ars Antigua de Paris : musique et instruments médiévaux. Si les spectateurs étaient pratiquement arrivés à cheval, ils n'en ont pas moins été ravis et fort intéressés. Le temps perdu avait-il été retrouvé ? (aucune publicité ici)

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  3. Je vois que j'ai des amateurs. Peut-être y aura-t-il une suite alors.

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  4. ça va super bien avec votre château, nul ne peut le nier.

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