Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

dimanche 10 mars 2013

Politique Magazine : l'interview intégrale




Comme vous le savez sans doute, votre serviteur a été interviewé, en compagnie d’autres blogueurs éminents, par le mensuel Politique Magazine. L’interview est parue dans le numéro de février. Bien entendu, le journaliste qui l’a réalisé n’a gardé qu’une partie de ce que je lui avait dit. C’est le jeu. Mais comme je ne doute pas que vous soyez dévorés par l’envie de connaitre l’intégralité de mes propos, je me suis dit qu’il serait cruel de ma part de vous faire languir plus longtemps. Voici donc Politique Magazine - l’interview dans la version « director’s cut ». Ah, vous ne pourrez pas dire que je ne vous gâte pas !

***

1 Depuis quand tenez-vous un blog et d’où vient son nom ? Et pourquoi vous êtes vous lancé ?

Je tiens un blog depuis à peu près deux ans. Son nom - Ostracisme - est une référence à la question de la liberté de paroles et aux ennuis, légaux et para-légaux, qui guettent ceux qui avancent certaines opinions. C’est une indication que les idées défendues sur ce blog ne font en général pas partie de celles qui sont considérées comme « acceptables » dans le débat public. C’est aussi une justification implicite du fait que j’ai choisi le format blog, avec la liberté et l’anonymat qu’il permet, pour défendre mes idées.
Je me suis lancé car je voulais participer à la conversation civique, tout simplement. Je n’ai pas de désir de gloire et, sur mon blog, j’évite le plus possible de parler de moi, par prudence bien sûr mais surtout parce que cela ne m’intéresse pas. Je désirais défendre et promouvoir ce qui me parait juste et bon, « with firmness in the right as God gives us to see the right », pour reprendre une formule célèbre. J’avais ce désir depuis longtemps mais je n’avais pas trouvé de moyen qui me satisfasse pour le réaliser - jusqu’à ce que je découvre les blogs politiques.

2 Vous considérez-vous comme un pamphlétaire ?

Non. Je n’ai pas le talent d’un pamphlétaire, et je cherche avant tout à convaincre, ce qui suppose, me semble-t-il, une certaine modération dans le ton. Ma « cible » est double : donner des arguments à ceux qui, grosso modo, partagent déjà mes idées, et convaincre ceux qui n’en sont pas trop loin de nous rejoindre. Mais on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Ou en tout cas pas seulement avec du vinaigre.

3 Estimez-vous mener un combat ?

A l’évidence. Un combat d’idées, combat qui, en politique, est sans doute le plus décisif. Pour citer encore une fois Lincoln : « Dans les communautés politiques comme celle-ci, l’opinion publique est tout. Avec l’opinion publique, rien ne peut échouer ; sans elle rien ne peut réussir. Par conséquent celui qui façonne l’opinion publique, agit plus profondément que celui qui fait des lois ou prend des décisions. Il rend les lois et les décisions possibles ou impossibles exécuter. »

4 Qu'est ce qui vous différencie des autres blogs ?

Avant de me lancer j’ai fait une sorte « d’étude de marché ». J’ai cru constater que les créneaux du billet d’humeur, de l’éditorial, et de la satire ou de la parodie étaient déjà très occupés, et souvent avec beaucoup de talent. Il m’a semblé en revanche que celui de l’argumentation de fond - si je peux dire cela ainsi - était plus clairsemé. J’ai donc décidé de l’occuper. J’essaye de présenter à mes lecteurs des arguments plus fouillés et des analyses plus poussées que ce que l’on peut trouver sur la plupart des blogs. Sachant que le format blog ne permet pas de toutes façons d’aller aussi loin que le livre. Disons que j’essaye d’occuper un créneau intermédiaire entre l’article de journal et l’ouvrage universitaire, ce pourquoi je présente souvent des sortes de synthèses de livres qui me paraissent intéressants et peu connus en France.

5 Que vous inspire la réaction qui s'opère sur Internet ? 

De l’espoir. Je crois beaucoup à la propagation souterraine des idées, aux petits ruisseaux qui font les grandes rivières et finissent par tout emporter sur leur passage de manière imprévue. Intellectuellement, le progressisme est moribond. La vitalité intellectuelle est de notre côté, et internet est un instrument formidable pour contourner le barrage des grands médias. Et puis, même si politiquement cela ne débouchait sur rien, c’aurait toujours été l’occasion d’échanger avec des gens intéressants - et de bien s’amuser à l’occasion. Car même si les « réacs » que je connais sont souvent pessimistes, ils sont en général loin d’être tristes.


9 commentaires:

  1. Et pas de photographie de l'artiste, aucun savoir vivre ces journalistes! Vous êtes parfait dans votre rôle.

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  2. Non seulement pas de photographie, mais en plus je suis le seul interviewé dont l'adresse du blog ne figure pas dans l'article!
    Ils ont probablement craint que je fasse une trop vive concurrence à mes confrères :-)

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  3. Pinailleur 1er aurait préféré "me satisfît" à la première question.
    Et pan !

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  4. Merci Aristide :lire que vous avez de l'espoir m'en donne.

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  5. Aristide, merci de partager cette interview !
    Oui, c'est de l'espoir et nous en avons besoin !

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  6. Navré de ne pas vous avoir mis dans la liste. C'est un bel oubli. Pour la photo, j'ai attendu une chouette qui n'est jamais venu.

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    1. Ce n'est pas grave.
      En revanche je n'ai pas souvenir que vous m'ayez demandé une illustration.

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