Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

mardi 3 septembre 2013

Eloge du patriotisme



 
« Ce principe, seul capable de neutraliser la tendance à la désagrégation, est le patriotisme. Les anciens l’ont bien connu ; ils adoraient la patrie, et c’est un de leurs poètes qui a dit qu’il était doux de mourir pour elle. Mais il y a loin de cet attachement à la cité, groupement encore placé sous l’invocation du dieu qui l’assistera dans les combats, au patriotisme qui est une vertu de paix autant que de guerre, qui peut se teinter de mysticité mais qui ne mêle à sa religion aucun calcul, qui couvre un grands pays et soulève une nation, qui aspire à lui ce qu’il y a de meilleur dans les âmes, enfin qui s’est composé lentement, pieusement, avec des souvenirs et des espérances, avec de la poésie et de l’amour, avec un peu de toutes les beautés morales qui sont sous le ciel, comme le miel avec les fleurs. Il fallait un sentiment aussi élevé, imitateur de l’état mystique, pour avoir raison d’un sentiment aussi profond que l’égoïsme de la tribu. »

Bergson

***

« Comment le patriotisme se justifie aux yeux de la raison et lui apparaît non seulement une grande vertu mais la première.

Quand on envisage d’un point de vue général et de haut les devoirs de l’homme, le patriotisme, en dépit de toutes les grandes actions qu’il a fait faire, paraît une passion fausse et étroite. C’est à l’humanité que sont dus les grands efforts que le patriotisme suggère, et non à ce petit fragment du genre humain renfermé dans les limites particulières qu’on nomme un peuple et une patrie ; et il semble au premier abord que ces moralistes, surtout parmi les chrétiens, qui ont paru oublier le devoir envers le pays pour ne penser qu’à l’humanité, le concitoyen pour le prochain, il semble, dis-je, que ceux-là ont raison. C’est en effet en prenant un détour qu’on arrive à trouver qu’ils ont tort.
L’homme, tel que Dieu l’a crée (j’ignore pourquoi), s’attache d’autant moins fortement que l’objet de son amour est plus vaste. Son cœur a besoin de particulariser et de limiter l’objet de ses affections pour saisir celui-ci d’une étreinte ferme et durable. Il n’y a qu’un très petit nombre de grandes âmes qui peuvent s’enflammer de l’amour de l’espèce humaine. Le seul moyen que se soit laissé la Providence (l’homme étant donné) de faire travailler chacun de nous au bien général de l’humanité, c’est de partager celle-ci en un grand nombre de parties et de donner chacun de ces fragments pour objet à l’amour de ceux qui le composent. Si chaque homme remplissait en ceci son devoir (et dans ces limites le devoir n’est pas au-dessus de ses forces naturelles, bien dirigées par la morale et la raison), le bien général de l’humanité serait produit, quoique peu y tendissent directement. Je suis convaincu qu’on sert mieux les intérêts de l’espèce humaine en ne donnant à aimer à chaque homme qu’une partie particulière qu’en voulant l’enflammer pour le genre humain, qu’il ne considèrera jamais quoi qu’on fasse que d’une vue éloignée, incertaine et froide. »

Tocqueville

4 commentaires:

  1. La seule fois où on le droit d'être patriote, c'est lors d'un événement sportif et si en plus dans les dits coureur, attrapeurs de balles, de boules, de poids et kangourous divers, la représentation de la diversité est maximum, là le benêt b de spectateur se doit d'être patriote mais seulement dans ce cas, pour tout autre manifestation historique sur la gloire historique de ce pays, c'est VEBOTEN!

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    1. Oui, hélas. Mais vive la France quand même!

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