Quid?

Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.

Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.

Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.

Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.

Bonne fouille.

jeudi 19 juin 2014

Un exemple des bienfaits de la colonisation




J’interromps temporairement L’histoire de la conquête du Mexique, de Prescott, pour vous proposer cet extrait de l’Histoire de France, de Bainville, que je viens d’achever et que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas déjà lu. D’abord parce qu’elle est fort bien écrite et qu’elle vous fait aimer la France, ensuite parce que je la trouve remarquablement impartiale, particulièrement de la part d’un auteur dont les opinions politiques étaient si fortement marquées. Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, que je sois d’accord avec tout ce qu’écrit Bainville dans son livre, mais ça, c’est une autre histoire – si je puis dire.

A qui devons-nous notre civilisation ? A quoi devons-nous d’être ce que nous sommes ? A la conquête des Romains. Et cette conquête, elle eut échoué, elle se fût faite plus tard, dans des conditions différentes, peut-être moins bonnes, si les Gaulois n’avaient été divisé entre eux et perdus par leur anarchie. Les campagnes de César furent grandement facilitées par les jalousies et les rivalités des tribus. Et ces tribus étaient nombreuses : plus tard l’administration d’Auguste ne reconnut pas moins de soixante nations ou cités. A aucun moment, même sous le noble Vercingétorix, la Gaule ne parvint à présenter un front vraiment uni, mais seulement des coalitions. Rome trouva toujours, par exemple chez les Rèmes (de Reims) et chez les Eduens de la Saône, des sympathies ou des intelligences. La guerre civile, le grand vice gaulois, livra le pays aux Romains. Un gouvernement informe, instable, une organisation politique primitive, balancée entre la démocratie et l’oligarchie : ainsi furent rendus vains les efforts de la Gaule pour défendre son indépendance.
Les Français n’ont jamais renié l’alouette gauloise et le soulèvement national dont Vercingétorix fut l’âme nous donne encore de la fierté. Les Gaulois avaient le tempérament militaire. Jadis, leurs expéditions et leurs migrations les avaient conduits à travers l’Europe, jusqu’en Asie Mineure. Ils avaient fait trembler Rome où ils étaient entrés en vainqueurs. Sans vertus militaires, un peuple ne subsiste pas ; elles ne suffisent pas à le faire subsister. Les Gaulois ont transmis ces vertus à leurs successeurs. L’héroïsme de Vercingétorix et de ses alliés n’a pas été perdu : il a été comme une semence. Mais il était impossible que Vercingétorix triomphât et c’eut été un malheur s’il avait triomphé.
Au moment où le chef gaulois fut mis à mort après le triomphe de César (51 avant l’ère chrétienne), aucune comparaison n’était possible entre la civilisation romaine et cette pauvre civilisation gauloise, qui ne connaissait même pas l’écriture, dont la religion était restée aux sacrifices humains. A cette conquête nous devons presque tout. Elle fut rude : César avait été cruel, impitoyable. La civilisation a été imposée à nos ancêtres par le fer et par le feu et elle a été payée par beaucoup de sang. Elle nous a été apportée par la violence. Si nous sommes devenus des civilisés supérieurs, si nous avons eu, sur les autres peuples, une avance considérable, c’est à la force que nous le devons.
Les Gaulois ne devaient pas tarder à reconnaître que cette force avait été bienfaisante. Ils avaient le don de l’assimilation, une aptitude naturelle à recevoir la civilisation gréco-latine qui, par Marseille et le Narbonnais avait commencé à les pénétrer. Jamais colonisation n’a été plus heureuse, n’a porté de plus beaux fruits, que celle des Romains en Gaule. D’autres colonisateurs ont détruit les peuples conquis. Ou bien les vaincus, repliés sur eux-mêmes, ont vécu à l’écart des vainqueurs. Cent ans après César, la fusion était presque accomplie et des Gaulois entraient au Sénat romain.

4 commentaires:

  1. A chaque fois que l'on évoque les gaulois, on pense gaule celtique mais il y avait la cisalpine et transalpine, cette dernière fournit d'ailleurs une légion à César, La legio V Alaudae (des Alouettes, parfois aussi connue comme Legio Gallica)

    L'apparition du Mirmillon, censé représenter le guerrier gaulois, il était souvent l'adversaire attitré du thrace ou de l' hoplomaque dans les arènes

    Dans un célèbre tableau du peintre français Jean-Léon Gérôme Pollice Verso , on y voit un mirmillon prêt à achever un rétiaire après l'avoir vaincu,situation plausible avant l'arrivée du sécutor plus adapté face au filet de ce gladiateur.

    Les romains prirent chez leur vaincus des éléments de leur civilisation d'ailleurs le fameux glaive est d'origine ibère, peuple reconnu pour la qualité de leur épées.

    Les cavaliers étaient souvent des germains ou des gaulois voire certaines gardes rapprochées d'empereur de la dynastie julio-claudienne .

    Bien je m'éloigne du sujet , j'arrête donc.

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    1. Mais non, mais non, la parole est libre voyons.

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  2. Puisque vous insistez, le casque que porte les légionnaires,connu même des amateurs d' Astérix, est dit de type impérial gaulois car il est inspiré des couvre-chefs gaulois de la fin de l'indépendance. ..

    Il ne faut oublier, l'introduction comme auxiliaires, d'archers crétois, de frondeurs des Baléares.

    Les clibanarii était le nom latin désignant les cataphractaires d'origine sassanides, souvent utilisés comme troupe de choc destinée à briser les formations d'infanterie adverse.

    Les romains incorporent ses cavaliers après plusieurs défaites face à ces cavaliers très lourdement protégés, recouverts de la tête aux pieds par une cotte de mailles ainsi que leurs montures, ils étaient armés d' une longue lance appelée contus.

    Une petite pose s'impose.

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  3. "Les Gaulois ne devaient pas tarder à reconnaître que cette force avait été bienfaisante. Ils avaient le don de l’assimilation, une aptitude naturelle à recevoir la civilisation gréco-latine."

    On pourrait aussi bien dire que les Romains ne voyaient pas les Gaulois comme une menace...Pas comme les Carthaginois...

    "Dans un célèbre tableau du peintre français Jean-Léon Gérôme Pollice Verso , on y voit un mirmillon prêt à achever un rétiaire après l'avoir vaincu."

    grandpas = C'est effectivement un beau tableau (cf http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2014/06/lattitude-du-gladiateur.html?view=magazine ).

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