Comme vous le savez sans doute,
votre serviteur a été interviewé, en compagnie d’autres blogueurs éminents, par
le mensuel
Politique Magazine. L’interview est parue dans le numéro de février.
Bien entendu, le journaliste qui l’a réalisé n’a gardé qu’une partie de ce que
je lui avait dit. C’est le jeu. Mais comme je ne doute pas que vous soyez
dévorés par l’envie de connaitre l’intégralité de mes propos, je me suis dit qu’il
serait cruel de ma part de vous faire languir plus longtemps. Voici donc
Politique Magazine - l’interview dans la
version « director’s cut ». Ah, vous ne pourrez pas dire que je ne
vous gâte pas !
***
1 Depuis quand tenez-vous un blog
et d’où vient son nom ? Et pourquoi vous êtes vous lancé ?
Je tiens un blog depuis à peu
près deux ans. Son nom - Ostracisme - est une référence à la question de la
liberté de paroles et aux ennuis, légaux et para-légaux, qui guettent ceux qui
avancent certaines opinions. C’est une indication que les idées défendues sur
ce blog ne font en général pas partie de celles qui sont considérées comme
« acceptables » dans le débat public. C’est aussi une justification
implicite du fait que j’ai choisi le format blog, avec la liberté et l’anonymat
qu’il permet, pour défendre mes idées.
Je me suis lancé car je voulais
participer à la conversation civique, tout simplement. Je n’ai pas de désir de
gloire et, sur mon blog, j’évite le plus possible de parler de moi, par
prudence bien sûr mais surtout parce que cela ne m’intéresse pas. Je désirais
défendre et promouvoir ce qui me parait juste et bon, « with firmness in the right as God gives us
to see the right », pour reprendre une formule célèbre. J’avais ce
désir depuis longtemps mais je n’avais pas trouvé de moyen qui me satisfasse
pour le réaliser - jusqu’à ce que je découvre les blogs politiques.
2 Vous considérez-vous comme un
pamphlétaire ?
Non. Je n’ai pas le talent d’un
pamphlétaire, et je cherche avant tout à convaincre, ce qui suppose, me
semble-t-il, une certaine modération dans le ton. Ma « cible » est
double : donner des arguments à ceux qui, grosso modo, partagent déjà mes
idées, et convaincre ceux qui n’en sont pas trop loin de nous rejoindre. Mais
on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Ou en tout cas pas seulement
avec du vinaigre.
3 Estimez-vous mener un combat ?
A l’évidence. Un combat d’idées,
combat qui, en politique, est sans doute le plus décisif. Pour citer encore une
fois Lincoln : « Dans les communautés politiques comme celle-ci,
l’opinion publique est tout. Avec l’opinion publique, rien ne peut
échouer ; sans elle rien ne peut réussir. Par conséquent celui qui façonne
l’opinion publique, agit plus profondément que celui qui fait des lois ou prend
des décisions. Il rend les lois et les décisions possibles ou impossibles
exécuter. »
4 Qu'est ce qui vous différencie
des autres blogs ?
Avant de me lancer j’ai fait une
sorte « d’étude de marché ». J’ai cru constater que les créneaux du
billet d’humeur, de l’éditorial, et de la satire ou de la parodie étaient déjà
très occupés, et souvent avec beaucoup de talent. Il m’a semblé en revanche que
celui de l’argumentation de fond - si je peux dire cela ainsi - était plus
clairsemé. J’ai donc décidé de l’occuper. J’essaye de présenter à mes lecteurs
des arguments plus fouillés et des analyses plus poussées que ce que l’on peut
trouver sur la plupart des blogs. Sachant que le format blog ne permet pas de
toutes façons d’aller aussi loin que le livre. Disons que j’essaye d’occuper un
créneau intermédiaire entre l’article de journal et l’ouvrage universitaire, ce
pourquoi je présente souvent des sortes de synthèses de livres qui me
paraissent intéressants et peu connus en France.
5 Que vous inspire la réaction
qui s'opère sur Internet ?
De l’espoir. Je crois beaucoup à
la propagation souterraine des idées, aux petits ruisseaux qui font les grandes
rivières et finissent par tout emporter sur leur passage de manière imprévue.
Intellectuellement, le progressisme est moribond. La vitalité intellectuelle
est de notre côté, et internet est un instrument formidable pour contourner le
barrage des grands médias. Et puis, même si politiquement cela ne débouchait
sur rien, c’aurait toujours été l’occasion d’échanger avec des gens
intéressants - et de bien s’amuser à l’occasion. Car même si les
« réacs » que je connais sont souvent pessimistes, ils sont en
général loin d’être tristes.
Et pas de photographie de l'artiste, aucun savoir vivre ces journalistes! Vous êtes parfait dans votre rôle.
RépondreSupprimerNon seulement pas de photographie, mais en plus je suis le seul interviewé dont l'adresse du blog ne figure pas dans l'article!
RépondreSupprimerIls ont probablement craint que je fasse une trop vive concurrence à mes confrères :-)
Pinailleur 1er aurait préféré "me satisfît" à la première question.
RépondreSupprimerEt pan !
Ouch! Touché.
SupprimerMerci Aristide :lire que vous avez de l'espoir m'en donne.
RépondreSupprimerEspoir modéré, quand même.
SupprimerAristide, merci de partager cette interview !
RépondreSupprimerOui, c'est de l'espoir et nous en avons besoin !
Navré de ne pas vous avoir mis dans la liste. C'est un bel oubli. Pour la photo, j'ai attendu une chouette qui n'est jamais venu.
RépondreSupprimerCe n'est pas grave.
SupprimerEn revanche je n'ai pas souvenir que vous m'ayez demandé une illustration.