Quid?
Comme pour beaucoup des gens, le grenier est l’endroit où j’entasse, avec seulement assez d’ordre pour me donner bonne conscience, tous les objets dont je n’ai pas ou plus l’usage dans la vie de tous les jours mais dont cependant je ne désire pas me débarrasser.
Ce grenier virtuel joue à peu près le même rôle. On y trouvera donc tous les objets qui ne me paraissent pas dignes de figurer au salon mais qui cependant me semblent suffisamment intéressants pour être conservés et, qui sais ? pour être montré aux amateurs de curiosités.
Mais encore ? Des idées que je n’ai pas eu le temps ou le désir d’approfondir, des citations qui me paraissent donner à penser, des images, des réflexions plus ou moins décousues sur des sujets plus ou moins sérieux, bref un bric à brac sans prétention mais peut-être pas totalement dénué d’intérêt. Aux curieux de se faire leur idée.
Mais attention à la poussière, et, pour ne point être déçu, n’oubliez pas que si les greniers peuvent recéler leur lot de bonnes surprises ils ne sont pas habituellement l’endroit où l’on dissimule ses possessions les plus précieuses.
Bonne fouille.
vendredi 8 juin 2012
Eloge du préjugé
vendredi 6 janvier 2012
Des avantages et des inconvénients de l'histoire en politique
Ces vices sont les véritables causes de ces tempêtes. La religion, la morale, les lois, les prérogatives, les privilèges, les libertés, les droits de l’homme, en sont les prétextes. Les prétextes sont toujours présentés sous l’apparence spécieuse d’un bien réel. Voudriez-vous mettre les hommes à l’abri de la tyrannie et de la sédition en arrachant de l’esprit tous les principes auxquels ces prétextes frauduleux s’adressent ? Si vous le faisiez, vous arracheriez tout ce qui a quelque valeur dans les sentiments humains. Comme ce sont là toutes les choses qui servent de prétexte, de même aussi les acteurs ordinaires et les instruments dans ces grandes calamités publiques sont des rois, des prêtres, des magistrats, des sénats, des parlements, des assemblées nationales, des juges, des chefs militaires. Ce ne serait pas remédier au mal que de décider qu’il n’y aurait plus de monarque, plus de ministres d’Etat, ni de ministre des Evangiles, plus d’interprètes des lois, ni d’officiers généraux, plus de conseils publics. Vous pourriez changer les noms. Mais les choses doivent demeurer, sous une forme ou sous une autre.
Il est rare de trouver dans deux siècles qui se suivent le même caractère dans les prétextes et les mêmes formes dans les méfaits. La méchanceté est un peu plus inventive que cela. Etes-vous à discuter sur sa forme ? cette forme a déjà changé. Le même vice investit un nouveau corps. L’esprit se réincarne et, loin de perdre son activité par ces métamorphoses perpétuelles, il se renouvelle et acquiert des forces plus redoutables. Tandis que vous attachez son cadavre au gibet, ou que vous détruisez son tombeau, il continue ses ravages et n’est plus là où vous croyez le trouver. Vous vous faites peur avec des fantômes et des apparitions, tandis que votre maison est le repaire de voleurs. C’est là ce qui arrive à tous ceux qui, ne pénétrant jamais plus avant que l’écorce et l’enveloppe extérieure de l’histoire, s’imaginent déclarer la guerre à l’intolérance, à l’orgueil et à la cruauté tandis que, sous le prétexte d’abhorrer les principes dangereux des anciennes factions, ils autorisent et nourrissent les mêmes vices odieux dans des factions différentes, et peut-être dans de pires encore.
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France
jeudi 29 septembre 2011
Eloge de la lenteur
dimanche 11 septembre 2011
La citation du jour (2)
"Il est préférable de chérir l'humanité et la vertu en laissant beaucoup à la libre volonté, au risque même de ne pas remplir entièrement l'objet qu'on se propose, que de travailler à réduire les hommes à n'être que de pures machines et les instruments d'une bienfaisance politique. Le monde y gagnera de toutes manières parce que, sans la liberté, il ne peut point exister de vertu."
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution en France


