Je vous avais
entretenu, il y a quelque temps déjà, de la manière dont les Français s’étaient
comportés sur le continent Nord-américain, à la différence de leurs rivaux
Anglais. Je rajoute au dossier cette pièce tirée de "L’histoire de France" de
Michelet. Où l’on trouve une nouvelle fois la confirmation du fait que les
tempéraments nationaux ne sont nullement un « mythe », comme aiment à
le dire nos modernes déconstructeurs de tout ce qui, de près ou de loin, peut
ressembler à la nation.
Il fut un
temps où les Français avaient, en tant que peuple, un caractère bien à eux,
différent de celui de tous les autres peuples européens. Un caractère que les
meilleurs auteurs ont décrit, siècles après siècles, et que l’on pourrait
caractériser schématiquement par le terme de galanterie martiale : un goût
égal pour les exploits guerriers et pour les prouesses d’alcôve ;
tempérament aimable et paradoxal qui dénote aussi une certaine inconstance,
inconstance hélas tout aussi avérée au long de l’histoire de France, et dont le
destin du Canada français est un bel exemple.
« Il
faut voir dans Cartier, Champlain, mais dans Lévy surtout, l’aimable, le
charmant accueil que les peuples des deux Amériques faisaient à nos Français.
Les pauvres gens croyaient que ces étrangers généreux prendraient parti pour
eux, les défendraient contre leurs ennemis. Le mot que les femmes d’Afrique
disaient à Livingstone : « Donne-nous le sommeil ! (la
sécurité) », c’est l’idée des Américaines, quand elles faisaient au
voyageur français une si tendre réception. On l’asseyait sur un lit de coton. Ces
douces créatures, toutes nues, venaient pleurer à ses pieds, si bien qu’il ne
pouvait s’empêcher de pleurer. C’étaient de petits mots de sœurs, qui fondaient
l’âme : « Quoi ! Tu as pris la peine de venir si loin pour nous
voir !... Que tu es donc aimable et bon ! »
Ces observateurs excellents s’accordent en tout
là-dessus. L’Amérique sentait qu’elle avait besoin de l’Europe, d’une Europe
compatissante. Ces tribus, d’elles-mêmes humaines et douces, n’étaient
ensauvagées que par leurs discordes intérieures, des vengeances mutuelles, des
représailles qu’on ne savait comment finir. Leurs éternelles petites guerres
avaient porté à la famille même une grave atteinte, qui la menaçait réellement
d’extinction. C’est ce qu’on a vu dans l’ancienne Grèce. Une vie trop guerrière
y fit considérer la femme comme un être presque inutile, un embarras souvent
funeste. De là une dépopulation
infaillible et rapide. Nos Français, au contraire (c’est le défaut ou le
mérite de cette race), étonnamment empressés, amoureux, et jusqu’au ridicule,
courtisans de l’Indienne, si dédaignée des siens, s’en faisaient adorer.
Ils n’avaient ni l’orgueil ni l’exclusivisme de
l’Anglais, qui ne comprend que son Anglaise. Ils n’avaient point les goûts
malpropres, avares, du señor espagnol, son sérail et ses négrillons. Libertins
près des femmes, du moins ils se mettaient en frais de soins et de galanterie.
Ils voulaient, charmaient et la fille, et le père, et les frères, dont ils
étaient les hardis compagnons de chasse. La tribu accueillait volontiers le
fruit de ces amours, des métis de vaillante race. La femme américaine, se
voyant aimée, désirée, se trouvait relevée. Notre émigrant français, roturier
en Europe, simple paysan même, était noble là-bas. Il épousait telle fille de
chef, parfois, devenait chef lui-même. »
J’ajoute à
cet extrait de Michelet quelques lignes d’une pièce de Shakespeare, intitulée
"Tout est bien qui finit bien" et dont l’action se situe, en partie, à la cour du
roi de France. Le roi fait ses adieux aux jeunes nobles qui s’apprêtent à aller
« épouser la gloire » dans les guerres d’Italie, et il les met en garde en ces
termes :
« Ces filles d’Italie, méfiez-vous d’elles. On dit
que nos Français ne savent pas refuser si elles demandent. Prenez garde à ne
pas être captifs avant même de servir. » (II-1-19)
Shakespeare,
tout Anglais qu’il était, connaissait bien les Français…
Ne serait ce pas plutôt l'attirance des opposés qui attirent les dames autochtones vers ces français, il y a dans le nord de la France, une chanson célèbre : "Dort mon petit quinquin"; elle serai née suite aux nombreuses naissances d'enfants au cheveux bruns et aux yeux noirs à l'époque ou la Flandre était possession espagnol du temps d'un certain Charles-Quint, d'où le surnom de Quinquin pour ces enfants;
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