Le 24 janvier
1965 s’éteignait Winston Churchill. En apprenant son décès, le jour suivant,
Léo Strauss – sans doute le plus grand philosophe politique du 20ème
siècle – fit les remarques suivantes lors de son cours de doctorat en
philosophie des sciences sociales, à l’Université de Chicago.
« La mort de Churchill est un rappel
salutaire aux étudiants en science politique de leurs limites, des limites de
leur discipline.
En 1940 le tyran se trouvait à l’apogée de son
pouvoir. Le contraste entre l’homme d’Etat indomptable et magnanime et le tyran
insensé – ce spectacle, dans sa claire simplicité, fut l’une des plus grandes
leçons que les hommes puissent apprendre à toute époque.
Non moins éclairante est la leçon transmise par
l’échec de Churchill, échec trop grand pour être qualifié de tragédie. Je fais
allusion au fait que l’action héroïque de Churchill contre Hitler pour la
liberté humaine n’avait contribué qu’à accroître, sans qu’il n’y eut aucune
faute de Churchill, la menace que Staline ou ses successeurs ont fait peser sur
la liberté. Churchill a fait le maximum qu’un homme pouvait faire pour contrer cette
menace – publiquement et de la manière la plus visible en Grèce et à Fulton,
Missouri [dans son
discours sur le rideau de fer].
Ses écrits ne sont pas d’un iota moins importants que ses actes et ses
discours, et par-dessus tout son Marlborough
– le plus grand ouvrage historique écrit durant notre siècle, une mine
intarissable de sagesse politique et de compréhension dont la lecture devrait
être obligatoire pour tout étudiant en science politique.
La mort de Churchill nous rappelle les limites de notre discipline et par
là notre devoir. Nous n’avons pas de devoir plus grand, ni plus urgent, que de
nous rappeler et de rappeler à nos étudiants la grandeur politique, la grandeur
humaine, les sommets de l’excellence humaine. Car nous sommes supposés nous
former et former les autres à voir les choses telles qu’elles sont, et cela
signifie, par-dessus tout voir leur grandeur et leur misère, leur excellence et
leur abjection, leur noblesse et leur bassesse, et par conséquent à ne jamais
confondre la médiocrité, quelque brillante qu’elle puisse être, et la véritable
grandeur. A notre époque, ce devoir exige de nous, en premier lieu, que l’on se
libère de la supposition que les jugements de valeur ne peuvent pas être des
constations de faits. »
Notre grand président cadeau de Dieu fait à la France aura t il le droit aux mêmes éloges d'un grand philosophe, j'ai comme un doute.
RépondreSupprimerPeut-être pas. Ou alors à titre de contre-exemple.
SupprimerC'est une manière comme une autre de parvenir à une renommée éternelle...
Ce sera notre Prusias II.
SupprimerPrusias II dites-vous?
SupprimerJ'ai bien une idée comme hagiographe de notre cher président mais dès que l'on écrit son nom, il apparaît tel un djinn malfaisant , je l'ai surnommé "Fétide", cela lui va à ravir.
SupprimerCelui-là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prusias_II
RépondreSupprimerPour Prusias Ier, ma foi, nous avons l'embarras du choix.
« il n'avait pas plus de courage qu'une femme. Non seulement il était lâche, mais il manquait d'endurance à la peine. Bref, il ne fut tout au long de sa vie, qu'un être efféminé au physique comme au moral »
SupprimerOh-oh-oh...
A propos de Churchill, Anthony Burgess en donne un point de vue intéressant dans la première partie de son bouquin "1985"... il écrit une exégèse de 1984 de Georges Orwell,et Churchil y apparaît ... je vous laisse (peut-être) découvrir.
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