Un billet récent de l’ami
Koltchak m’a remis en mémoire ce passage tiré de
L’histoire du déclin et de la chute de l’empire romain, le très
célèbre ouvrage d’Edward Gibbon, publié entre 1776 et 1788. Comme quoi il est
tout à fait possible d’être « raciste » (au sens où l’entendent nos
modernes progressistes) et en même temps de juger injuste la traite négrière. A
méditer.
« Les anciens, qui
connaissaient très imparfaitement la grande péninsule d’Afrique, ont été
quelquefois disposés à croire que la zone torride n’était point susceptible
d’être habitée par des hommes ; d’autre fois ils la peuplaient, au gré de
leur imagination, d’hommes sans tête ou plutôt de monstres, de satyres avec des
cornes et des pieds fourchus, de centaures et de pygmées humains qui, plein de
courage, faisaient aux grues une guerre dangereuse [Note de Gibbon : La fable des pygmées est aussi ancienne
qu’Homère. Les pygmées de l’Inde et de l’Ethiopie n’avaient que vingt-sept
pouces de hauteur ; et, dès le commencement du printemps, leur cavalerie,
montée sur des boucs ou des béliers, se mettait tous les ans en campagne pour
détruire les œufs des grues. Ils construisaient leurs maisons de boue, de plumes
et de coquilles d’œuf].
Carthage aurait tremblé, si un
bruit étrange était venu lui apprendre que le pays coupé par l’équateur
recelait des deux côtés une multitude de nations qui ne différaient que par la
couleur de la figure ordinaire des hommes ; et les Romains, dans leur
anxiété, auraient cru voir le moment où, aux essaims des barbares sortis du
Nord, viendraient se joindre, du fond du Midi, d’autres essaims de barbares
aussi cruels et aussi redoutables.
Une connaissance plus
particulière du génie de leurs ennemis d’Afrique aurait sans doute anéanti ces
vaines terreurs. On ne doit, à ce qu’il me semble, attribuer l’inaction des
nègres, ni à leurs vertus, ni à leur pusillanimité. Ils se livrent, comme tous
les hommes, à leurs passions et à leurs appétits, et les tribus voisines se
font fréquemment la guerre. Mais leur ignorance grossière n’a jamais inventé
d’armes réellement propres à l’attaque ou à la défense. Ils paraissent
également incapables de former un vaste plan de conquête ou de gouvernement, et
les nations des zones tempérées abusent cruellement de l’infériorité reconnue
de leurs facultés intellectuelles. On embarque annuellement sur la côte de
Guinée soixante mille Noirs, qui ne reviennent jamais dans leur patrie. On les
charge de chaînes, et cette émigration continuelle, qui dans le cours de deux
siècles aurait pu fournir des armées susceptibles de subjuguer l’univers,
atteste les crimes de l’Europe et la faiblesse des Africains. »
Ou comment se tirait une balle dans le pied.
RépondreSupprimerSur le fait que les romains ne connaissaient les peuples noirs, ce monsieur aurait du s'informer sur le Royaume de Méroé se situant au sud de l' Egypte dans l'actuel Soudan.
Ils auraient perdu une bataille contre les armées de ce même riyaume, pour plus d'information voir Claude Rilly.
Attention, Gibbon ne dit pas que les Romains ne connaissaient pas les peuples Noirs, il dit qu'il ne connaissait que très imparfaitement l'Afrique, ce qui est exact. Si mes souvenirs sont bons, le continent africain n'a été intégralement exploré par les Européens qu'au 19ème siècle.
SupprimerLes européens connaissaient les côtes d' Afrique dès le XV 2ME siècle grâce aux portugais quant à l' Afrique continentale, elle ne fut effectivement complètement connue que vers la fin du XIX siècle.
SupprimerIl me semble que les derniers peuples découverts furent des papous dans les 1930.