J’interromps
temporairement L’histoire de la conquête
du Mexique, de Prescott, pour vous proposer cet extrait de l’Histoire de France, de Bainville, que
je viens d’achever et que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas
déjà lu. D’abord parce qu’elle est fort bien écrite et qu’elle vous fait aimer
la France, ensuite parce que je la trouve remarquablement impartiale,
particulièrement de la part d’un auteur dont les opinions politiques étaient si
fortement marquées. Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, que je sois d’accord
avec tout ce qu’écrit Bainville dans son livre, mais ça, c’est une autre
histoire – si je puis dire.
A qui devons-nous notre civilisation ? A quoi
devons-nous d’être ce que nous sommes ? A la conquête des Romains. Et
cette conquête, elle eut échoué, elle se fût faite plus tard, dans des
conditions différentes, peut-être moins bonnes, si les Gaulois n’avaient été
divisé entre eux et perdus par leur anarchie. Les campagnes de César furent
grandement facilitées par les jalousies et les rivalités des tribus. Et ces
tribus étaient nombreuses : plus tard l’administration d’Auguste ne
reconnut pas moins de soixante nations ou cités. A aucun moment, même sous le
noble Vercingétorix, la Gaule ne parvint à présenter un front vraiment uni,
mais seulement des coalitions. Rome trouva toujours, par exemple chez les Rèmes
(de Reims) et chez les Eduens de la Saône, des sympathies ou des intelligences.
La guerre civile, le grand vice gaulois, livra le pays aux Romains. Un
gouvernement informe, instable, une organisation politique primitive, balancée
entre la démocratie et l’oligarchie : ainsi furent rendus vains les efforts
de la Gaule pour défendre son indépendance.
Les Français n’ont jamais renié l’alouette gauloise et le
soulèvement national dont Vercingétorix fut l’âme nous donne encore de la
fierté. Les Gaulois avaient le tempérament militaire. Jadis, leurs expéditions
et leurs migrations les avaient conduits à travers l’Europe, jusqu’en Asie
Mineure. Ils avaient fait trembler Rome où ils étaient entrés en vainqueurs.
Sans vertus militaires, un peuple ne subsiste pas ; elles ne suffisent pas
à le faire subsister. Les Gaulois ont transmis ces vertus à leurs successeurs.
L’héroïsme de Vercingétorix et de ses alliés n’a pas été perdu : il a été
comme une semence. Mais il était impossible que Vercingétorix triomphât et
c’eut été un malheur s’il avait triomphé.
Au moment où le chef gaulois fut mis à mort après le
triomphe de César (51 avant l’ère chrétienne), aucune comparaison n’était
possible entre la civilisation romaine et cette pauvre civilisation gauloise,
qui ne connaissait même pas l’écriture, dont la religion était restée aux
sacrifices humains. A cette conquête nous devons presque tout. Elle fut
rude : César avait été cruel, impitoyable. La civilisation a été imposée à
nos ancêtres par le fer et par le feu et elle a été payée par beaucoup de sang.
Elle nous a été apportée par la violence. Si nous sommes devenus des civilisés
supérieurs, si nous avons eu, sur les autres peuples, une avance considérable,
c’est à la force que nous le devons.
Les Gaulois ne devaient pas tarder à reconnaître que cette
force avait été bienfaisante. Ils avaient le don de l’assimilation, une
aptitude naturelle à recevoir la civilisation gréco-latine qui, par Marseille
et le Narbonnais avait commencé à les pénétrer. Jamais colonisation n’a été
plus heureuse, n’a porté de plus beaux fruits, que celle des Romains en Gaule.
D’autres colonisateurs ont détruit les peuples conquis. Ou bien les vaincus,
repliés sur eux-mêmes, ont vécu à l’écart des vainqueurs. Cent ans après César,
la fusion était presque accomplie et des Gaulois entraient au Sénat romain.
A chaque fois que l'on évoque les gaulois, on pense gaule celtique mais il y avait la cisalpine et transalpine, cette dernière fournit d'ailleurs une légion à César, La legio V Alaudae (des Alouettes, parfois aussi connue comme Legio Gallica)
RépondreSupprimerL'apparition du Mirmillon, censé représenter le guerrier gaulois, il était souvent l'adversaire attitré du thrace ou de l' hoplomaque dans les arènes
Dans un célèbre tableau du peintre français Jean-Léon Gérôme Pollice Verso , on y voit un mirmillon prêt à achever un rétiaire après l'avoir vaincu,situation plausible avant l'arrivée du sécutor plus adapté face au filet de ce gladiateur.
Les romains prirent chez leur vaincus des éléments de leur civilisation d'ailleurs le fameux glaive est d'origine ibère, peuple reconnu pour la qualité de leur épées.
Les cavaliers étaient souvent des germains ou des gaulois voire certaines gardes rapprochées d'empereur de la dynastie julio-claudienne .
Bien je m'éloigne du sujet , j'arrête donc.
Mais non, mais non, la parole est libre voyons.
SupprimerPuisque vous insistez, le casque que porte les légionnaires,connu même des amateurs d' Astérix, est dit de type impérial gaulois car il est inspiré des couvre-chefs gaulois de la fin de l'indépendance. ..
RépondreSupprimerIl ne faut oublier, l'introduction comme auxiliaires, d'archers crétois, de frondeurs des Baléares.
Les clibanarii était le nom latin désignant les cataphractaires d'origine sassanides, souvent utilisés comme troupe de choc destinée à briser les formations d'infanterie adverse.
Les romains incorporent ses cavaliers après plusieurs défaites face à ces cavaliers très lourdement protégés, recouverts de la tête aux pieds par une cotte de mailles ainsi que leurs montures, ils étaient armés d' une longue lance appelée contus.
Une petite pose s'impose.